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jeudi 27 mars 2014

Jour 81 - Conclusion sur cette semaine

Les deux dernières semaines ont été passées avec un des pires profs que j'ai jamais eu, et un prof que je m'attendais surement pas à voir en BAC + 4.

Je ne sais même pas où commencer, tellement c'était une catastrophe, mais à partir du deuxième jour dans son cours, on a vite compris que c'était n'importe quoi.

Pour commencer sur les trucs concrets: le prof commence par nous dire qu'on aura très peu de boulot avec lui et qu'on allait l'adorer grâce à ça. Puis il nous annonce que tout les jours, un groupe allait présenter un chapitre du bouquin support du cours pendant 40 minutes. Ce même groupe allait préparer un quiz pour évaluer la classe sur le chapitre qu'il venait de présenter. Enfin, tout les jours, deux élèves par cours étaient sélectionnés pour évaluer la participation de toute la classe.

Est-ce qu'on a commençait à voir ce qui cloche? Oui, et très très vite.

Déjà, le coup des présentations passe encore, sauf que nous n'avions pas été prévenu là dessus, et du coup un groupe a eu à préparer une présentation du jour au lendemain. Le quiz, ça va encore. Mais le coup d'évaluer la participation, c'était ridicule. Au lieu d'écouter pendant le cours, tu passe tes quatre heures sur le PC, à te rappeller de qui a dit quoi et quand, pour donner une note.

Bon, et grosse question: à quoi servait le prof?

Pour faire simple, à rien. Il arrivait, nous racontait sa vie pendant 45 minutes, nous expliquait vite fait une formule SUPER IMPORTANTE en 3 minutes, nous filait un exercice à faire sans explications, et se cassait pendant qu'on bossait.

La fois où on a eu le seul exercice clé du cours (je dis le seul parce que quand les élèves ont demandé d'en avoir un autre, pour comprendre mieux, le prof a répondu qu'il avait pas le temps d'en préparer un autre), il a demandé à un élève de faire la correction en cours, puis nous a donné une version imprimée d'un fichier excel (version imprimé = impossible de récupérer les formules) bourré de fautes.

Ҫa pourrait être un incident isolé, et une petite erreur de pédagogie, si ça n'avait pas été de 1) un exercice qui a compté pour la moitié du partiel, et de 2) un évenement récurrent.

Donc notre prof de finance nous donne un deuxième exercice quelques jours plus tard, pareil, sans préparation sur l'exercice. C'était essentiellement un exercice de compta, donc, en en ayant fait 4 ans auparavant, ça passait, même si c'était un peu difficile vu qu'on avait rien vu avant pour nous raffraichir la mémoire. 

Il commence par nous donner une feuille d'instruction. Au bout de 5 minutes, il nous en donne une autre en nous disant que la première a un bug. Au bout d'encore 5 minutes, il nous demande de revenir sur la première pour quelques questions parce que la deuxième a aussi des bugs.

Donc je réalise tout l'exercice, puis le prof décide de le corriger. Pour bien commencer, il débute sa correction en changeant les instructions: "Bon, ya écrit ça dans les instructions, mais on va le faire comme ça." Bon, ben ça commence bien, on aurait pu nous le dire pendant l'exo, non?

Le reste de la correction est un foutage de gueule complet. Le prof demande aux élèves qui ont eu les mêmes résultats que lui d'expliquer comment ils sont arrivés à ces résultats, parce que lui est incapable de retracer ses calculs. On passe une heure à demander des réexplications des résultats, parce que la correction est désordonnée et incompréhensible. Au bout de trois quart d'heures, le prof se rend compte d'une erreur dans la correction due aux instructions mal ordonnées. 

Donc, visiblement, non seulement les élèves font le cours, mais les rares fois où le prof pourrait être utile, il n'est pas préparé. Un prof pomé, surtout pour une matière comme la finance, ça craint. En plus, quand on l'écoute passer 1 heure de chaque cours nous dire à quel point il est génial, on a du mal à lui accorder quelquonque crédibilité.

Après, me dira-t-on, c'est peut être le système canadien? Faut s'y habituer.

Oui, c'est ce qu'on s'est dit aussi. On a vite fait parlé du prof avec les élèves canadiens de notre classe après le premier cours et ils nous ont dit qu'il est un peu la coqueluche de ses cours, et que tout le monde l'adore. Bon.

Et puis, une semaine plus tard, j'ai déjeuné avec le même canadien qui m'avait dit ça, et son avis avait changé du tout au tout. Il me dit que c'est pas normal que le prof se ramène sans aucune préparation, qu'il est incompétent, et qu'il prend même pas le temps de se rappeller des noms des élèves qui participent le plus. (normal, il a pas besoin, c'est pas lui qui note la participation!)

Au moment de noter son cours, et de donner mon feedback pour le parcours Transco en général, j'ai essayé d'être le plus honnête possible par rapport à mes sentiments: ce prof n'est pas fait pour enseigné. En tant qu'innovateur, et que business man, il est prospère et brillant et il devrait s'en tenir à ça.

jeudi 9 janvier 2014

Réflexions: Premières Impressions

Après avoir passé quasiment une semaine au Canada, j'ai pu avoir des premières impressions claires de comment me semblent les canadiens et le Canada. Certaines me semblent moins bien qu'en France, d'autres mieux qu'en France, mais en majorité je suis juste surprise.

Déjà, les canadiens sont vraiment très gentils quand on les rencontre où qu'on les croise dans la rue. Les vendeurs dans les magasins par exemple te tapent la discute, sont très souriants, te demandent "Comment ça va?"

Dans la rue, si tu es perdu, et que tu arrête un canadien pour demander ton chemin, celui ci va se montrer extrêmement agréable et serviable. D'ailleurs, si tu recherche frénétiquement ton chemin sur un carte, il y a des chances que ce soit même le canadien qui t'arrête pour te dire "Are you lost? Do you need help?" au point où Sarah et moi en étions un peu désorientées à notre arrivée ici.

Maintenant on trouve ça normal, mais sur le coup, notre premier réflexe français est de se dire "Mais, qu'est-ce qu'il me veut?". Ben ils sont comme ça. Une des filles du groupe d'internationaux, Justine, nous a même raconté comment elle a refusé une pièce à un mendiant et qu'après ce même mendiant l'a aidé à trouver son chemin alors qu'elle était perdue. A côté, en France, je me suis déjà fait cracher dessus après avoir refusé une pièce à un mendiant, alors on a vraiment l'impression de pas être dans le même monde.

Ça c'était vraiment ma toute première impression des canadiens mais celle-ci a un peu évolué en une semaine. Notamment, quand on nous a fait une conférence pour nous expliquer les règles sur le campus, yavait un côté très hypocrite dans la façon dont les conférenciers donnaient leur speech: dans le genre tout le monde est gentil, tout le monde est amis, on est vos potes, mais si vous enfreignez les règles on vous défonce sans état d’âme! 

Dans ces cas là, où clairement ils nous expliquent qu'en gros ils sont là pour s'assurer que les règles ne soient pas enfreintes et qu'ils ne sont pas nos potes, ce serait bien s'ils agissaient pas comme si on a avait fait la classe maternelle ensemble. Faut savoir se positionner!

En fait, ça me rappelait un peu une mentalité américaine: genre c'est noir ou c'est blanc, pas de juste milieu. C'est un peu le même genre de truc quand on fait un achat et que c'est des magasins avec "no refunds". Si le vendeur te conseille un produit, te dit qu'il marche avec ton truc, que tu l'achète et qu'en en fait il marche pas, ben tu l'as profonde. Parce que ce même vendeur t'expliquera que "ah bah non c'est no refunds alors désolé mais tant pis pour toi."

En france, une fois, j'avais acheté un bijou de boucle d'oreille dans une bijouterie lambda. J'étais allée voir la vendeuse, je lui avait demandé si le produit était adapté à mes oreilles, si je pouvais le mettre sachant que bla bla bla.... "Oui oui, pas de soucis". Du coup, j'ai acheté le produit mais une fois rentrée chez moi, je me suis rendue compte que la boucle d'oreille n'était pas adaptée et qu'en la mettant je saignais. Donc je suis revenue à la bijouterie le lendemain, j'ai parlé à la vendeuse (une autre) et malgré le fait que la politique des bijouterie est très stricte sur les bijoux déjà portés (notamment, on ne peux pas rendre, échanger, ou se faire rembourser un bijou porté) elle m'a fait un avoir.

En comparaison, Paul, un des français en échange, a acheté une carte sim pour son portable dans un petit magasin de téléphonie sur le campus. Il a montré son portable au vendeur, lui a demandé si c'était sûr que la carte sim correspondrait au portable et le vendeur lui a assuré qu'il n'y aurait pas de problème. Sauf qu'après avoir acheté la carte sim, il a essayé de mettre la carte sim dans son portable et... elle était trop grande! Donc il est retourné au magasin de téléphonie et là on lui a dit "no refunds". Pas de refunds, pas d'échange, tant pis pour toi. Du coup il n'a pas eu d'autre choix que de racheter une carte sim.

Donc ouais, les canadiens sont très gentils, très mignons mais ils restent... j'ai envie de dire vicieux. Le prof qui a mis en place le programme transco nous a prévenu: méfiez vous. Ici les profs sont très relax très sympas et si tu rend pas tes devoirs à temps "No problem, pas de soucis. Au fait, t'es recalé."

Ya aussi le fait que les profs n'ont pas la même notion des notes: apparemment on est là pour apprendre, ou du moins c'est ce qu'on nous dit, et donc ce n'est pas les notes qui sont importantes. Certes mais si c'est pour être recalé, non merci. On va me dire que si on apprend, on a normalement des bonnes notes. Normalement.

Le dernier cours de New Venture Planning m'a énormément énervé. On avait 100 pages à lire pour le cours, ce que Sarah, Olivier et moi avons studieusement lu. Dès qu'on arrive en cours, pop quiz. C'était notre premier cours, on avait même pas expliqué ce qu'on avait lu. Les questions du test étaient assez spécifiques, difficile de se rappeler d'une paragraphe sur 100 pages de texte. Une fois que le test était fini, la prof nous a demandé de se remettre en groupe pour repasser le test. Pour nous montrer qu'en groupe on avait une meilleure note que tout seul. Oh que c'est biiiien, on a appris, que c'est innovant! En attendant, on a quand même eu une note individuelle de merde, qui finit dans notre moyenne.

Il faut dire qu'en plus j'ai déjà fait ce genre d'exercice à Grenoble. L'exercice n'était pas noté et on a tout aussi bien appris, en plus il était plus amusant et apparemment on apprend mieux en s'amusant.  En plus c'était un exercice approuvé par la NASA, donc il y avait de l'ethos. Accessoirement, on a pas eu un sale goût dans la bouche après.

C'est un couteau à double tranchant: d'un côté on a envie de devenir pote avec tout le monde car tout le monde a l'air super sympa, mais d'un autre côté, il faut se rappeler qu'en grande partie c'est la culture qui fait ça, pas la personne.

A part les gens, il y a pas mal d'autres choses que je trouve assez paradoxal dans la culture canadienne.

Le premier truc qui m'a impressionné en arrivant était la taille des routes. Chaque petite route de quartier ici est une départementale en France. Et la raison principale c'est parce que leurs voitures sont super fat. Donc j'en déduis que des énormes BMW, Range Rovers et Pick-up trucks, ça consomme pas mal et ça pollue pas mal. A côté, Vancouver est considéré comme une des villes les plus vertes de l'Amérique du Nord. Ya des poubelles de tri sélectif partout et si tu mets tes déchets dans la mauvaise poubelle tu risque de te faire toiser du regard.

Ma théorie là dessus c'est ils essayent de faire de l'écologie là où ils peuvent pour compenser le fait que ce sont des gros émetteurs de CO2. Mais ça reste très paradoxal de voir que pour eux c'est normal de polluer mais c'est pas normal de ne pas trier ses déchets.

Surtout que ceux qui veulent prendre le bus n'ont pas trop de choix. Le réseau de bus est bof et long. Si on veut marcher, en mode extra green, les distances sont énormes! Quand tu rate ton arrêt de bus, il vaut mieux attendre le prochain bus dans l'autre sens que de marcher pour aller là où veut aller.

Il y a pleins d'autres trucs qui me semblent étranges ou étonnant sur la canada et les canadiens, et je pourrais continuer pendant des heures et des heures, mais ça c'est vraiment les trucs qui ressortent le plus. Je ne sais pas si ces premières impressions vont changer avec le temps, mais ça m'étonnerais pas!